Et si ce que nous voyons n’est pas ce qu’il y a à voir ? Ou même, n’a rien à voir avec qu’il y a à voir ? Au quotidien, nous faisons face à des préjugés, des préconçus et des clichés sur ou par les personnes qu’on croise. Nous sommes tous des victimes, que nous soyons de ceux qui jugent ou de ceux qui sont jugés. Résultat : on prétend être ce qu’on n’est pas, on se cache derrière un masque et on ne manque aucune occasion de se tromper, de critiquer voire de condamner. Pourquoi continuons-nous à jouer à ce jeu visiblement malsain et qui détruit l’essence même de notre existence ? Parce que personne ne veut être à la place de l’autre, parce qu’on ne saisit pas l’importance de l’empathie. C’est sur ce mot que les YCLTiens ont focalisé leur attention et leur énergie pendant la session 2 de la formation Youth Cultural Leadership Training initiée par l’ONG Saint Raphael.

Un exercice a permis aux participants de mieux saisir ce qui se cache derrière ce mot « empathie ». Il a consisté à travailler en duo où l’un a les yeux bandés tandis que l’autre le guide dans ses pas. L’objectif est de devenir les yeux de l’autre, de prendre conscience qu’un détail peut signifier beaucoup, comme un petit obstacle qu’on a jugé inutile de mentionner, mais qui fait trébucher celui qui ne voit pas. Le but de cet exercice est également de mériter la confiance de quelqu’un et de se mettre à sa place. Ce travail sur l’empathie a aussi permis de réaliser à quel point les regards des autres peuvent peser. Les participants ont soulevé le fait qu’ils ressentaient de la « gêne » quand ils étaient le guide et que les passants les regardaient pendant l’exercice. Pourtant, quand c’était leur tour d’avoir les yeux bandés, ils n’étaient pas conscients de ces regards et se sentaient plus à l’aise. Au cours de l’exercice, certains participants aux yeux bandés ont dû faire face à d’autres voix, celles des passants ou des curieux, qui les ont donnés de consignes ou des avertissements, alors que le partenaire-guide ne dit rien. Survient alors le doute sur ce qu’il faut faire, surtout si ces voix « extérieures » ont eu un effet sur la confiance accordée à la personne qui doit guider. Parce qu’un leader culturel ne juge pas, se met à la place de l’autre avant de prendre une décision et agit en écoutant sa propre voix, cet exercice a joué un rôle clé.

Pour Tiane, fondatrice de l’ONG Saint Raphael et initiatrice de YCLT, « la formation est davantage concentrée sur la pratique que sur la théorie, ce qui fait toute la différence avec les autres.» Les intervenants pendant les sessions sont non seulement des jeunes, mais aussi des YCLTiens des promotions précédentes. « Autant que possible, nous veillons à mettre en avant les jeunes qui ont des compétences à partager et nous leur accordons notre confiance pour transmettre leur savoir et leur savoir-faire », poursuit-elle. Cette session 2 de YCLT, qui s’est tenue au CRAAM du 28 au 30 juin, a marqué les participants, comme en témoignent Govina « Cette 2e session m’a permis de comprendre qu’il existe encore beaucoup à faire pour se promouvoir dans la culture, et de la transformer en une filière de développement certain. Je vois de mieux en mieux ce qu’il faut faire pour y parvenir », Nate « Trouver des personnes ayant les mêmes causes que vous pour promouvoir la culture malgré vos différences, vous vous exposez à la limite de la culture même ». Pour Andréa, c’est le choix de l’endroit qui l’a marqué : « Quoi de mieux qu’un espace culturel pour cette deuxième session de la promotion 4, une atmosphère qui colle bien avec la formation. »